Art de vivre

Geneviève Thisdel: Québécoise d'origine, Beaujolaise de coeur!

Canoë

Lundi, 30 Juillet 2018, 09:19

Photo Courtoisie

Geneviève Thisdel

Grande, athlétique, les cheveux courts à la Mylène Farmer et les yeux pétillants, Geneviève Thisdel parle sans détour de sa passion du vin pour laquelle elle a tout laissé.

Native de L'Ancienne-Lorette, près de Québec, Geneviève en est à ses tout débuts avec son projet et pourtant, il y a quelque chose d'interpellant dans ses vins. Jouant de chance et de relations, elle a pris en fermage un peu plus d'un hectare de vignes à Vauxrenard, dans le Beaujolais, un village situé au nord de Chiroubles et de Fleurie. « Avec tout ce qui se passe actuellement dans la région, toutes les contraintes financières et les domaines délaissés, la meilleure option si tu veux te lancer, c'est de reprendre les vignes de ceux qui n'en veulent plus », lance-t-elle lors d'une joyeuse rencontre dans un bar branché de la métropole.

Tout commence en 1999 lorsqu'elle décide de partir faire les vendanges en France, une façon économique de voyager et qui lui permettra de faire de belles rencontres. C'est ainsi qu'elle se noue d'amitié avec Marie et Bernard Mathieu qui exploite un petit vignoble familial. Elle y retournera une dizaine de fois. Après des projets en photographie et d'aménagement extérieur à Montréal, elle décide enfin d'aller se consacrer à la vigne à temps plein. Après avoir décroché un brevet de Technicien supérieur en Viticulture Œnologie au Lycée Viticole de Bel Air, dans le Beaujolais, elle trouve du boulot dans une grosse maison de négoce de la région. Mais c'est d'avoir ses propres vignes qui la font rêver.

Voyant ses amis Mathieu abandonner ses vignes faute de relève, elle leur propose de reprendre une parcelle d'un hectare. Dans l'intervalle, elle réoriente sa carrière chez Jean-Marc Burgaud, producteur phare de l'appellation de qui elle apprend beaucoup. Ses temps libres, Geneviève les consacre presque uniquement aux vignes qu'on a bien voulu lui laisser. Elle profite des installations et d'un bon coup de pouce de la famille Mathieu, ce qui lui permet de joindre les deux bouts. Passionnée, talentueuse, elle vinifie son premier millésime en 2015. À peine 1000 bouteilles dont elle regrette ne pas en avoir gardé quelques-unes pour elle. Tournée vers l'agriculture biologique et la biodynamie, elle produit aujourd'hui environ 6000 bouteilles. Avec l'achat de raisins sur Morgon et St-Amour et l'ajout de 25 ares de vigne en blanc, elle compte passer à 9000 bouteilles l'an prochain. De quoi espérer voir ses vins au Québec sous peu!

Le P'tit Vélo 2017 blanc, Beaujolais, France (autour de 22$-24$ - importation privée Pot de Vin)

Il faisait orage et le temps était atrocement lourd le soir où j'ai dégusté les vins. Si bien que les vins ne sortent pas bien, puisqu'écrasés par la pression atmosphérique. Pourtant, le blanc était tout sauf banal. Un nez expressif, simple certes, mais précis sur des parfums de lime, de menthe (voire de cannabis), de citron et d'iode. Bouche droite, sur le fil du rasoir avec un fruit en milieu de bouche qui vient délicatement envelopper le palais. Finale vaporeuse sur des notes rappelant la craie.

** ½ $$

Le P'tit Bonheur 2016, Beaujolais, France (21,37 $ - importation privée Pot de Vin)

Bien typé avec des notes de cerise, de griotte et un léger trait végétal (le vin fait environ 20% de macération carbonique). Élevé en barrique neutre pour les jus de presse alors que les jus de goutte font de la cuve inox. C'est fruité, croquant, frais et gouleyant. Petite amertume en finale, mais l'ensemble est diablement digeste et très agréable.

** ½ $$

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