Au Festival de Cannes, 82 femmes sur les marches pour réclamer «l'égalité salariale»

AFP

Samedi, 12 Mai 2018, 12:11

Photo AFP

Cannes | 82 vedettes et femmes du 7e art, dont la présidente du jury Cate Blanchett et la réalisatrice Agnès Varda, ont réclamé samedi «l'égalité salariale» dans le cinéma, lors d'une montée des marches inédite et 100% féminine au Festival de Cannes.

Cette première dans l'histoire du Festival vient marquer cette 71e édition, la première depuis l'éclatement du scandale Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de harcèlement sexuel et de viols par plus d'une centaine de femmes du monde, vedettes comme actrices débutantes.

«Nous mettons au défi nos gouvernements et nos pouvoirs publics pour appliquer les lois sur l'égalité salariale», a déclaré la Française Agnès Varda, qui a pris la parole à côté de la vedette australienne Cate Blanchett, toute de noire vêtue.

«Nous mettons au défi nos institutions pour organiser activement la parité et la transparence dans les instances de décision. (...) Nous demandons l'équité et la réelle diversité dans nos environnements professionnels», ont-elles lu sur le tapis rouge, l'une en anglais, l'autre en français.

Elles ont rappelé que 82 est le nombre de femmes retenues en compétition pour la Palme d'or par le Festival depuis sa première édition en 1946, contre 1688 hommes.

Elles ont également souligné que depuis sa création, 71 réalisateurs avaient reçu une Palme d'or, contre seulement deux femmes: Jane Campion, en 1993, pour La leçon de piano, ex aequo avecle Chinois Chen Kaige, et Agnès Varda elle-même, pour une Palme d'honneur en 2015.

«Les femmes ne sont pas minoritaires dans le monde et pourtant notre industrie dit le contraire», ont encore souligné Cate Blanchett et Agnès Varda. Autour d'elles sur le tapis rouge, figuraient Salma Hayek, Marion Cotillard, Claudia Cardinale et les quatre autres membres féminins du jury, l'actrice française Léa Seydoux, l'actrice américaine Kristen Stewart, la réalisatrice américaine Ava DuVernay et la chanteuse burundaise Khadja Nin.

Le Festival avait envoyé un premier signal fort en direction des femmes, en choisissant un jury majoritairement féminin.

Absentes par contre samedi sur les marches, alors qu'elles avaient été annoncées vendredi par 50/50 pour 2020, un collectif français contre les inégalités dans le 7e Art: l'Américaine Jane Fonda, qui a eu un problème d'avion, et Julie Gayet, pour une question d'agenda.

Cette marche symbolique a été organisée avant la projection des Filles du soleil, le film de la première des trois femmes en lice cette année pour la Palme d'or, la Française Eva Husson. Son film suit un bataillon de combattantes kurdes commandé par la sergente Bahar, jouée par l'Iranienne Golshifteh Farahani.

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