Willie Lamothe

Agence QMI

Lundi, 14 Mai 2018, 10:03

Photo d'archives

La première fois où j'ai rencontré en personne monsieur Guillaume Willie Lamothe, le roi du country québécois, ça été lorsque son fils Michel, largement connu de son importance capitale comme cofondateur des groupes rock Offenbach, Corbeau, et Corbach, lorsque son fils Michel Willie Lamothe dis-je, est venu me chercher au Motel Godard de L'Annonciation pour me proposer de fonder le groupe Corbeau avec lui. C'était à l'été 1977 peu de temps après son départ d'Offenbach que j'avais officiellement quitté deux années plus tôt en 1975, et trois ans avant l'arrivée de Marjolaine Marjo Morin.

Les voici dans un clip où on peut les voir ensemble, père et fils, pour une rare fois :

J'étais au Motel Godard depuis quelques jours avec mon équipe de bûcherons de chez Lavallin chargée de défricher et d'installer des quais d'atterrissage d'hélicoptères en terrains boisés et difficiles pour le compte de la SEBJ. Nous voyagions en hélicoptères depuis notre point de départ au barrage de la rivière Caniapiscau alors en construction. Nous devions décoller vers Saint-Donat le jour même puisque le tracé projeté de la ligne à haute-tension qui arriverait du chantier de la Caniapiscau en Baie James, bifurquerait vers Trois-Rivières pour finalement atteindre les USA.

Nous allions monter à bord de nos appareils en direction de Saint-Côme, à mi-chemin entre Saint-Donat et L'Annonciation, lorsque je vis arriver sur les chapeaux de roues dans le stationnement du Motel Godard, la Triumph rouge de mon ami, presque mon frère, Michel Lamothe, pour enfin s'immobiliser tout près de moi. Sans perdre une seconde, par la fenêtre baissée de sa voiture, Will me dit : « Aye ti-Pierre on fonde-tu un nouveau groupe ? » Immédiatement, sans me retourner, je fonce vers mon hélico, en extirpe rapidement mes affaires, vêtements de travail et scies mécaniques, en lui criant par-dessus l'épaule : « Arrête pas ton moteur Will, j'arrive ! »

Lorsque nous sommes arrivés à St-Hyacinthe quelques heures plus tard nous avions déjà trouvé le concept et l'allure de notre nouvelle formation qui s'appellerait Corbeau en l'honneur de cet oiseau aux moeurs extraordinaire, à la fois prince, pirate, et sorcier, stupide chez les Européens de Jean de La Fontaine et sage chez les Autochtones des trois Amériques.

Aussitôt entré dans la demeure des parents de Michel, son père, Willie Lamothe, que je n'avais encore jamais vu en personne, homme élégant et coquet s'il en fut, dit en me regardant de haut en bas : « Tu peux pas arriver en ville arrangé d'même, tu vas t'faire garrocher des roches avec tes vieilles jeans pi ta chemise déchirée ! Viens icitte ! M'a t'habiller comme du monde ».

Ce disant, il m'entraine vers une vaste pièce de la maison où étaient entreposés les dizaines de complets, de souliers et de bottes qu'il portait habituellement en spectacle, et m'offre sans hésiter un magnifique complet blanc de style western, une superbe chemise blanche décorée et brodée de guitares, de chevaux et d'étoiles, une ceinture de cuir décorées de petits fers à cheval en argent, et une paire de soulier noirs et blancs.

Sans plus tarder allons consulter Wikipédia pour en connaitre plus sur ce grand artiste de la scène québécoise, populairement nommé « Le roi du Country », ayant vendu des millions de disques au Québec et au Canada.

Voici l'un de ses plus grands succès, « MILLE APRÈS MILLE », écrite et composée par Gérald Gerry Joly :

Le reste est de l'histoire. Quelques semaines plus tard, Roger Wèzo Belval, célèbre batteur d'Offenbach, quitte aussi le groupe et vient nous rejoindre à St-Pie-de-Bagot où Michel vivait dans une vieille maison qu'il habite encore, appartenant à son père à l'époque, et située sur le chemin de terre maintenant abandonné qu'empruntèrent les Patriotes de 1837 dans leur marche forcée vers la bataille de Saint-Denis sur les rives du Richelieu.

Voici Michel Willie Lamothe interprétant l'un des grands succès de son papa : « DANS MON BEAU PAYS »

Il est indéniable que Willie Lamothe a eu une influence extrêmement importante sur la naissance et l'évolution du groupe Offenbach Pop Opera, en facilitant la tenue de répétitions chez lui et plus tard, en offrant au groupe l'orgue Hammond B3 ayant vu la naissance de succès comme « Câline de Blues » et « Faut que j'me pousse », après que le groupe soit successivement devenu Offenbach Soap Opera à mon arrivé en 1971, et finalement Offenbach tout court en 1972, juste avant le show de l'Oratoire St-Joseph. Voici Willie Lamothe en entrevue sur fond d'une performance de l'Offenbach Pop Opera en 1969 :

Bonne semaine.

Articles recommandés

Ailleurs sur le web

Menu