Les pipes, c'est historique

Mélodie Nelson

Jeudi, 16 Mars 2017, 11:05

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La fellation est encore interdite dans plus de 70 pays...

Je ne connais personne pour qui la pipe en soi est honteuse (à go on oublie les épisodes de queue mordue ou égratignée par un appareil orthodontique, d'accord?) Toutefois l'acte a longtemps été un tabou et même puni par un séjour en prison.


Voici quelques moments clé dans l'histoire de la fellation.

1. À Pompéi, on se faisait pomper

L'éruption du Vésuve, en l'an 79, à Pompéi, en Italie, provoque l'enfouissement complet de la ville. Quinze siècles plus tard, la ville est redécouverte. Son état de conservation est remarquable. Plusieurs dessins et inscriptions dans la ville sont de nature pornographique et représentent différents actes sexuels. Les portes des bordels affichent même les spécialités et le coût pour celles-ci. Des détails révèlent qui était particulièrement agile avec sa bouche.

2. Fellation rime avec humiliation

Dans la Rome antique, les hommes avaient des relations sexuelles ensemble selon un code et une dynamique particulière. Par exemple, la fellation était un acte humiliant pour celui qui suçait, pas pour celui qui jouissait au fond de la gorge d'un autre homme. Les hommes qui se font pénétrer la bouche sont ouvertement méprisés. Des insultes sont souvent proférées à leur égard, comme aujourd'hui nous utilisons le mot sucker à tort et à travers. Les citoyens romains affichent à l'entrée de certains jardins des menaces au style dominant et agressif, prévenant les voleurs que s'ils sont surpris, ils se feront mettre dans la bouche.

3. Le congrès buccal comme pratique artistique érotique

Un chapitre entier est dédié à la fellation dans le Kama-Sutra, composé en Inde par Vatsyayana, entre le 1er et 6e siècle. Elle y est appelée auparishtaka ou «congrès buccal». Pratiqué par des masseurs eunuques, des prostituées ou des servantes célibataires, le congrès buccal est alors un art qui se décline en huit étapes: le congrès nominal, le mordillage des côtés, la pression extérieure, la pression intérieure, le baiser, le polissage, la succion de la mangue et enfin, l'absorption.

4. Péché contre nature

Au Moyen Âge, l'Église trouvait la fellation démoniaque. Elle défiait l'instruction biblique de se multiplier, puisque cet acte n'avait comme résultat que le plaisir et non la procréation. Des documents archivés indiquent qu'une fellation, en Irlande, était susceptible d'une condamnation de 3 à 15 ans de prison.

Encore aujourd'hui, la fellation est interdite dans plus de 70 pays. Aux États-Unis, elle est liée à la sodomie, car elle ne permet pas la reproduction de futurs amateurs de Disney. Jusqu'en 2003, la Cour suprême la pénalisait et elle serait encore illégale dans une dizaine d'États. Elle peut valoir à une personne d'être fichée comme délinquant sexuel.

C'est le cas pour Wendy Whitake qui, à l'âge de 17 ans s'est fait surprendre à sucer un camarade de classe de 15 ans. Celui-ci, considéré sexuellement comme mineur alors qu'il devait fêter ses 16 ans trois semaines après la pipe, a donc vu son amie trainée en justice et condamnée à 5 ans de prison. Fichée à vie comme délinquante sexuelle, la femme de maintenant plus de 30 ans, se doit de respecter différentes conditions, comme de se pointer tous les ans auprès des autorités et de ne pas habiter ni travailler à moins de 300 mètres d'un lieu public fréquenté par des enfants.

Il est à noter toutefois que sucer quelqu'un qui conduit une automobile n'est pas illégal à New York, au New Jersey et en Pennsylvanie.

5. Rumeurs fatales

Plusieurs rumeurs entourent la fellation. Cléopâtre aurait tout appris de la sexualité dans un bordel et aurait sucé avec envie une centaine de ses gardes. En 1899, un président français, lui, en serait mort. Félix Faure, à l'âge de 58 ans, serait décédé alors qu'il se faisait sucer au palais de l'Élysée, par sa maitresse, Marguerite Steinheil, qui fut ensuite surnommée la Pompe Funèbre. Impossible de statuer si une pipe a vraiment précipité la fin du président, qui présentait aussi des signes de tachycardie avant son décès.

Les médias et le peuple ont préféré la théorie de la fellation fatale plutôt qu'une mort subite. Des chansonniers, ou Georges Clémenceau, un politicien français, ont ridiculisé la mort de Félix Faure, affirmant qu'il «voulait être César, il ne fut que Pompée».

6. Le crime organisé et la porno au secours de la pipe

Longtemps perçue comme un acte exclusivement pour les homosexuels, la fellation devient plus populaire aux États-Unis grâce au roman Le Parrain, publié en 1969. Une fellation y est décrite et l'image du gangster a pris le dessus dans l'imaginaire populaire sur celle du cowboy qui jouait avec sa carabine, mais qui n'oserait jamais cacher sa queue dans la bouche de quiconque.

À la même époque, en 1972, le film iconique Gorge Profonde cristallisait la fellation comme fantasme absolu.

7. Faire mousser le créateur dans le dictionnaire

En 1984, le mot fellation fait son entrée dans le Petit Robert. Sa définition: «Acte sexuel consistant à exciter les parties génitales masculines par des caresses buccales.»

D'autres expressions utilisées pour dire autrement l'acte de sucer une queue: fumer le cigare, faire un baiser au grand chauve, faire mousser le créateur, jouer du trombone, tirer sur le bambou et administrer le saint viatique.

Quant à l'expression anglophone blow job, qui est illogique puisque personne ne souffle vraiment sur un pénis lors d'une fellation, elle serait originaire de l'ère victorienne, lorsque les termes below job étaient utilisés.

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