La déclaration d'indépendance est «symbolique»

AFP

Wednesday, October 11, 2017, 7:22 AM

La déclaration d'indépendance de la Catalogne signée mardi soir par l'ensemble des élus séparatistes du Parlement régional et le président catalan Carles Puigdemont est pour l'instant un «acte symbolique», a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement régional.

«La déclaration doit être faite par le parlement de Catalogne», ce qui n'a pas été le cas, a expliqué le porte-parole Jordi Turull. La signature par 72 élus indépendantistes et le gouvernement catalan était «un acte symbolique par lequel nous avons tous signé notre engagement à déclarer l'indépendance».

Mais M. Turull a précisé qu'il s'agissait «d'un temps mort, pas d'un renoncement ou d'un pas en arrière».

«Le président (Puigdemont) a dit qu'il suspendait les effets de l'indépendance, de la loi de transition (vers l'indépendance) pour nous assoir, parler, écouter, dialoguer et voir s'il existe une possibilité de parvenir à un accord».

«Nous en appelons à la politique, pas à une discussion juridique».

Cependant, Jordi Turull a souligné que le gouvernement catalan voulait «dialoguer sur l'indépendance de la Catalogne», semblant franchir une étape supplémentaire puisque jusque-là, la priorité était de dialoguer «sur la tenue d'un référendum d'autodétermination», ce que le gouvernement espagnol a toujours catégoriquement refusé.

«Nous ne renonçons pas à l'indépendance de la Catalogne» a-t-il souligné, mais «nous aimerions savoir ce que l'État offre à la Catalogne».

«Je vous demande d'être civilisés et d'être démocrates, pour une fois dans votre vie, et de vous assoir à la table des négociations», a aussi lancé, mercredi au parlement espagnol, l'indépendantiste catalan Gabriel Rufian au porte-parole du gouvernement central Iñigo Mendez de Vigo.

«Le dialogue ne peut se faire que dans le cadre de la loi», lui a répondu ce dernier.

Les indépendantistes au pouvoir en Catalogne ne sont qu'une «force destructrice qui se propose de vaincre la démocratie, de détruire l'État de droit», a pour sa part déclaré, très en colère, le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis.

Mardi soir, Carles Puigdemont a estimé que sa région vivait un «moment historique», s'appuyant sur la victoire du «oui» à l'indépendance à 90% des voix avec 43% de participation, lors du référendum - interdit et contesté - du 1er octobre.

Pendant cette séance parlementaire, le président catalan a estimé que ces résultats supposaient qu'il avait reçu un «mandat» du peuple pour la mener à bien, avant de proposer de «suspendre les effets de la déclaration d'indépendance».

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