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Iran, acier: les 28 en front uni à Sofia face aux «caprices» de Trump

AFP

Mercredi, 16 Mai 2018, 13:03

Photo AFP

Les dirigeants des pays européens se retrouvent mercredi soir à Sofia pour définir une réponse collective de l'UE face à «l'attitude» jugée «capricieuse» de Donald Trump sur le nucléaire iranien et le commerce international.

«Nous sommes témoins aujourd'hui d'un nouveau phénomène, l'attitude capricieuse de l'administration américaine», a dénoncé mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk, peu après son arrivée dans la capitale bulgare.

«Quand on regarde les dernières décisions du président Trump, on pourrait même se dire qu'avec de tels amis, pas besoin d'ennemis», a ajouté M. Tusk.

Les relations transatlantiques devraient occuper l'essentiel du dîner informel mercredi soir des 28 chefs d'État et de gouvernement de l'UE, qui précède le sommet européen proprement dit, consacré jeudi aux relations de l'UE avec les pays des Balkans.

La chancelière Angela Merkel s'est toutefois montrée réaliste. «Malgré toutes les difficultés que nous rencontrons ces jours-ci, les relations transatlantiques sont et resteront d'une importance capitale», a plaidé Mme Merkel devant le parlement allemand.

Si aucune décision concrète n'est prévue, les 28 vont surtout chercher à afficher une unité sans faille face aux défis américains, notamment celui du retrait de l'accord sur le nucléaire iranien et des sanctions frappant leurs entreprises opérant dans ce pays.

Cet accord «est d'une importance primordiale pour la paix dans la région concernée et, au-delà, pour la paix mondiale», a insisté mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, après une rencontre à Bruxelles avec le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

«Je voudrais que, ce soir, à Sofia, nous nous mettions d'accord sur une attitude commune, consensuelle, pour ce qui est de nos relations avec les États-Unis», a souhaité M. Juncker.

«Absurde»

Côté britannique, la Première ministre Theresa May va insister sur «l'engagement» du Royaume-Uni à faire en sorte que l'accord soit respecté tant que l'Iran honore ses engagements, a fait savoir sa porte-parole.

Donald Tusk a demandé aux trois pays européens signataires de l'accord nucléaire avec l'Iran, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, de partager leur évaluation de la situation mercredi soir, au lendemain d'une réunion à Bruxelles avec le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Zarif.

Les Européens, qui entendent protéger leurs intérêts économiques liés à la reprise des échanges commerciaux avec Téhéran, discuteront de la possibilité d'appliquer une loi dite «de blocage», un instrument permettant de protéger leurs entreprises travaillant en Iran face aux menaces de sanctions extraterritoriales américaines.

«Les moyens sont là, nous les utiliserons. Mais il ne faut pas se voiler la face, les moyens sont limités», a toutefois prévenu M. Juncker. A ses côtés, M. Guterres a souhaité que «ces mesures puissent avoir du succès».

Le géant français Total a d'ores et déjà averti qu'il mettrait fin à son grand projet gazier en Iran, démarré en juillet 2017, à moins d'obtenir une dérogation de la part des autorités américaines, avec le soutien des autorités françaises et européennes.

M. Juncker doit par ailleurs présenter un état des lieux lors du dîner des discussions en cours avec les Américains au sujet des droits de douane sur l'acier et l'aluminium.

«Mon objectif est simple: rester fermes. Cela signifie une exemption permanente» de ces taxes douanières, a réaffirmé mercredi Donald Tusk.

«Il est absurde de penser que l'UE pourrait être une menace pour les États-Unis. Nous devons ramener la réalité dans cette discussion», a-t-il ajouté.

L'UE est exemptée jusqu'au 31 mai à minuit des taxes douanières américaines de 25% sur ses exportations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium. Pour l'exempter définitivement, Washington exige une plus grande ouverture du marché européen.

Accord commercial «restreint» ?

Les Européens étudient plusieurs scénarios pour mettre un terme à ce conflit et la Commission a récemment ouvert la porte à une discussion sur un accord commercial «restreint», qui couvrirait uniquement des droits de douane sur des produits industriels et agricoles.

L'Allemagne est favorable à une telle ouverture, contrairement à la France, qui craint de voir ressurgir le spectre du très impopulaire TTIP (ou Tafta), le grand accord commercial au point mort depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

Certains pays semblent également prêts à accepter des quotas de la part des États-Unis, une solution qualifiée d'«étrange» par d'autres.

Outre l'Iran et le commerce, les 28 parleront aussi des événements à Gaza qui sont aussi liés «à la question plus vaste des conséquences des décisions de Donald Trump», a souligné un haut responsable européen.

Jeudi, les 28 rencontreront leurs homologues de six pays des Balkans (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Macédoine et Kosovo) pour raffermir les liens avec cette région où la Russie tente d'étendre son influence.

«C'est la première fois depuis 15 ans que l'UE rencontre ses partenaires de la région sous ce format», souligne une source européenne, tout en précisant qu'il ne sera pas question de parler d'élargissement.

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