Américain tué par une tribu : la police enquête sur deux autres missionnaires

AFP

Saturday, December 01, 2018, 8:26 AM

Port Blair | La police indienne a déclaré samedi enquêter sur le rôle de deux missionnaires américains qui auraient encouragé John Chau à se rendre dans une île isolée où il a été tué par une tribu coupée du monde qu'il voulait christianiser.

«Nous enquêtons sur le rôle d'au moins deux Américains, un homme et une femme, qui ont rencontré l'homme parti sur l'île», a déclaré à l'AFP Dependra Pathak, chef de la police dans l'archipel indien d'Adaman-et-Nicobar dans le golfe du Bengale. «Ces deux personnes, qui ont depuis quitté le pays, auraient eu des activités évangéliques et l'auraient encouragé à se rendre sur l'île».

La police n'a encore aucune indication concernant le corps de John Chau, a-t-il ajouté. Cet Américain âgé de 26 ans est mort le 17 novembre sous les flèches des Sentinelles, peuplade de chasseurs-cueilleurs qui compterait 150 âmes et vit en autarcie sur l'île interdite d'accès de North Sentinel.

Le policier n'a pas identifié le couple, retrouvé selon lui grâce à des appels sur le téléphone de John Chau depuis «des numéros de portable locaux», ni fourni de détails sur l'organisation à laquelle ils appartiennent.

La police a arrêté jusqu'à présent sept personnes, dont six pêcheurs qui avaient aidé John Chau à se rendre sur l'île et ont rapporté sa mort.

La police a déjà effectué trois voyages de reconnaissance près de l'île, cherchant notamment à voir si le corps de John Chau pouvait avoir été exhumé et déposé sur la plage où il a été tué, selon le policier.

En 2006, deux pêcheurs indiens dont le bateau avait dérivé pendant leur sommeil avaient été tués à North Sentinel et, une semaine après, leurs corps avaient été accrochés à des pieux sur la plage face à la mer.

«Maintenant cela fait près de deux semaines après les faits et il ne semble guère probable que le corps de l'Américain soit exhumé», a estimé le responsable policier.

Des anthropologues et des défenseurs des peuples autochtones ont exhorté l'Inde à ne pas tenter de récupérer la dépouille pour ne pas menacer les Sentinelles en introduisant des agents infectieux.

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