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Ville intelligente: la moitié des projets attendus sont en retard

Laurence Houde-Roy, Laurence Houde-Roy

Lundi, 12 Juin 2017, 00:00

Cédérick Caron / 24H

La moitié des projets de la ville intelligente de Montréal attendus d'ici la fin de l'année sont présentement en retard et certains risquent même d'être abandonnés.

Sur les 47 projets attendus d'ici la fin de l'année, 23 sont en retard selon le site internet Faire Montréal, l'un des projets de la ville intelligente, qui permet de suivre l'état des projets et la réalisation de ceux-ci. Les autres doivent tous voir le jour d'ici la fin de l'année, selon l'échéancier initial. Certains risquent toutefois d'être abandonnés en raison du peu de temps restant, selon le responsable du dossier au comité exécutif, Harout Chitillian.

Lancé en 2015 par l'administration du maire Denis Coderre, le dossier de la ville intelligente compte 71 chantiers qui devaient être réalisés à l'intérieur de 3 ans et qui ont pour but d'améliorer les services aux citoyens à l'aide de la technologie.

Par exemple, elle comprend le déploiement du réseau WiFi public, l'amélioration du service 311 en format numérique, la création d'une plateforme indiquant le stationnement disponible et une offre de services numériques à la Cour municipale.

Jusqu'à présent, 24 projets se sont concrétisés, tels que des ateliers de créations citoyennes, un festival de start-up, un accélérateur d'entreprises et des plateformes de visualisation des documents de la Ville.

Harout Chitilian explique que si certains projets affichent du retard, c'est que le service des technologies de l'information a dû d'embaucher 121 nouveaux employés, en deux vagues, afin d'assurer une expertise à l'interne et «pour faire contrepoids au secteur privé», dit-il.

«À force de vouloir aller très vite, on tourne les coins ronds. Mais l'approche qu'on a préconisée, c'est que tant qu'on n'avait pas l'expertise interne, on a retenu le démarrage de certains projets», explique-t-il.

Retardé par les chantiers

Montréal se concentre sur deux grands projets d'ici la fin de l'année, le 311 numérique et le déploiement du WiFi public.

«Pour le nouveau site internet, ça devrait être livré à l'automne, je n'ai pas d'indication pour des retards, ajoute l'élu. Pour le WiFi, ça avance très bien, les délais actuellement sont en grande partie causés parce que certains sites sont inaccessibles en raison de chantiers sur la rue.»

En septembre prochain, des projets pilotes de 311 numérique seront ainsi livrés dans huit arrondissements. Le citoyen pourra y poser des questions ou demander une intervention s'il constate un nid-de-poule, un graffiti ou un problème quant au mobilier urbain, l'éclairage, la propreté.

Le responsable ne cache toutefois pas qu'à l'issue du plan d'action, en 2018, «certains projets seront réévalués et peut-être même supprimés de la liste. Il y aura des comptes à rendre et surtout une analyse critique qui sera faite pour évaluer la pertinence des projets», dit-il.

Harout Chitilian promet également qu'il n'y aura pas de dépassements de coûts. Montréal compte dépenser au total 23 millions $ en trois ans pour son virage intelligent, dont 8,2 millions $ pour le nouveau site internet et le 311 numérique.

Projet Montréal n'y croit pas

Projet Montréal peine par contre à croire que les projets seront réalisés à temps.

«Ils se foutent de notre gueule, c'est invraisemblable, a réagi l'élue Magda Popeanu. On fait rire de nous dans le milieu informatique, parce que tous les employés de la Ville travaillent encore avec Office 2003 et Lotus note parce qu'ils n'ont pas été capables de faire la migration. C'est une grosse ratatouille informatique, avec des logiciels obsolètes. Si quelqu'un me dit que Montréal est une ville intelligente alors qu'on travaille avec ces logiciels, alors je ne comprends pas le mot intelligent», ajoute-t-elle, précisant que la création du 311 numérique est la première chose à laquelle la Ville aurait dû s'attaquer il y a quatre ans.

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