Affaire Villanueva: refaire l'image de Montréal-Nord

Francis Pilon

Thursday, August 09, 2018, 12:00 AM

Dix ans après l'émeute qui a suivi la mort de Fredy Villanueva, l'arrondissement de Montréal-Nord tente toujours de redorer son blason pour attirer les commerces et les nouveaux résidents.

La mairesse Christine Black avoue que son quartier souffre d'une image négative qui est véhiculée par les médias.

«C'est calme à Montréal-Nord, c'est clair qu'il y a un secteur un peu plus difficile et où on doit intensifier nos interventions. En même temps, parlez avec les citoyens [...], ils ne se retrouvent pas dans l'image de Montréal-Nord dans les médias et souvent ils vous en veulent beaucoup», a affirmé la mairesse.

Cette dernière mentionne aussi que les émeutes vécues en 2008 n'ont probablement pas aidé à améliorer la réputation de l'arrondissement auprès de l'opinion publique.

«C'était la première fois qu'il y a eu une émeute de cette taille dans un quartier résidentiel au Canada et ce n'est pas arrivé depuis. [...] C'était un message très fort envoyé par la population qui voulait plus de changements», a ajouté Mme Black, qui voit désormais un «avant» et un «après» la mort de Fredy Villanueva.

Les jeunes et la pauvreté

Pour améliorer l'image du quartier, l'arrondissement vise surtout sa jeunesse et sa lutte contre la pauvreté.

«On a, entre autres, le projet Priorité jeunesse, qui est un grand programme inauguré en 2017, qui permet de mettre à la même table tous les organismes, qui permet de dire: qu'est-ce qu'il faut faire pour la jeunesse. On a mis en place une centaine d'actions et la moitié de ces actions sont financées», a expliqué Mme Black.

La mairesse affirme qu'une personne sur deux dans le quartier du Nord-Est ne travaille pas à l'heure actuelle. Elle souligne aussi qu'un plan de développement économique pour l'arrondissement sera lancé cet automne.

«Au niveau des problématiques sociales, c'est sûr qu'un jeune qui nait aujourd'hui à Montréal-Nord a beaucoup plus de possibilités qu'à l'époque [de Fredy Villanueva]. Il y a maintenant un filet de sécurité qui est là, autour. À l'époque, par exemple, des gens recrutaient pour les gangs de rue à l'extérieur de l'école. Aujourd'hui, avec les ressources, non», a indiqué Christine Black.

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