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Rosemont-La Petite-Patrie : des barres d'appui qui divisent les cyclistes

Francis Pilon

Jeudi, 08 Novembre 2018, 00:00

Après avoir vu 28 barres d'appui apparaitre dans Rosemont-La Petite-Patrie au cours des deux dernières années, les cyclistes montréalais sont mitigés sur cet investissement qui se fait au détriment de la sécurité selon certains.

« Il a ceux qui aiment ces barres, ceux qui trouvent que c'est une perte totale en investissement et les autres qui sont neutres. C'est très mitigé », affirme Pierre Rogué, cycliste et fondateur de l'Association pour la mobilité active de Rosemont-La Petite-Patrie.

Selon ce dernier, l'arrondissement aurait intérêt à injecter de l'argent dans la sécurité et les stationnements pour cyclistes avant de miser sur le confort de leur balade à vélo.

Chacune des 28 barres d'appui coûte près de 700$ l'unité. Le prix total du lot est donc d'environ 19 600$. À ce montant, il faut ajouter un autre 110$ par barre pour l'installation et le démontage année après année. Ces aménagements sont retirés des routes de l'arrondissement durant l'hiver et réinstallés au printemps.

« C'est un trip perso du maire ces barres-là. On nous les a présentées en disant, voilà, le Copenhague arrive à Montréal. On a juste un mimétisme qui n'est pas justifié ici parce qu'on n'est pas dans la même ville et ça n'a rien à voir. On part de loin à Montréal comparé à Copenhague dans l'aménagement des pistes cyclables », critique M. Rogué.

Parmi les cyclistes rencontrés à l'intersection des rues Boyer et Bellechasse, les avis étaient partagés. Certains les aiment et les trouvent utiles alors que pour d'autres, la bordure de trottoir faisait déjà le travail.

Le « 24 Heures » s'est installé au coin des rues Boyer et Bellechasse, durant une demie-heure en fin d'après-midi, pour constater que plus de la moitié des cyclistes n'utilisent pas les barres d'appui.

Environ 50 personnes à vélo sont passées par là entre 16h45 et 17h15. Sur les 30 cyclistes qui se sont arrêtés à la lumière, 11 personnes seulement ont utilisé l'aménagement.

Le maire réagit

François Croteau, maire de l'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, indique que les opinions des cyclistes par rapport aux barres d'appui sont plutôt positives.

« Certains cyclistes n'utiliseront pas les barres et c'est correct. Ça ne change rien à leur parcours. [...] Par contre, pour certains cyclistes, c'est très utile comme pour les parents et les personnes qui ont de moins longues jambes ou d'autres qui aiment s'appuyer en attendant le feu rouge », souligne M. Croteau.

Il se défend d'ailleurs de négliger la sécurité des personnes à vélo avec cet investissement puisque le financement des barres d'appui vient d'un budget différent.

L'arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie mentionne aussi installé 700 nouveaux supports à vélos en 2018, pour un total de 1400 espaces supplémentaires de stationnement pour bicyclettes. Le coût d'une borne de stationnement pour cycliste se situe autour de 300 $.

« On a consulté Vélo Québec et les partenaires pour faire ce projet. Surtout, on a invité les cyclistes à faire des commentaires sur la page Facebook pour leur dire quand pensez-vous et, etc. On a pris tous les commentaires pour qu'elles soient [les barres] installées de façon optimale », assure le maire.

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