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Comment se porte le fleuve Saint-Laurent?

TVA Nouvelles

Jeudi, 11 Janvier 2018, 20:55

Photo d'archives, Agence QMI, JOEL LEMAY

Un chercheur de Pêches et Océans Canada vient de dévoiler aujourd'hui, à Rimouski, le bilan des conditions océaniques pour l'année 2017. Il s'agit de données scientifiques qui en disent long sur l'état actuel du fleuve et de sa biodiversité.

Dans son étude, le chercheur Peter Galbraith a observé que le fleuve Saint-Laurent a notamment connu, au cours de la dernière année, la plus importante crue printanière depuis 1974. La température de surface se situe au-dessus de la moyenne des 30 dernières années et les glaces se font de plus en plus rares.

En 2017, on a enregistré le 6e plus faible volume de glace de mer depuis 1969. Il faut dire que 6 des 8 plus faibles volumes ont été enregistrés au cours des 8 dernières années.

Parmi les autres statistiques préoccupantes, à 300 mètres de profondeur, la température a atteint un record, et ce, sur l'ensemble du golfe. Du jamais vu depuis plus d'un siècle.

«La tendance lourde est aux changements climatiques, au réchauffement global. On suit cette tendance-là ici. On va avoir des hivers plus chauds, avec moins de glace. On subit de l'intrusion d'eau chaude profonde. Ce qui fait que, si on sort du golfe du Saint-Laurent, on trouve des eaux encore plus chaudes en dehors du chenal bas-laurentien, et qui pourrait entrer dans le golfe. Il y a quelques années, on avait des températures d'eaux profondes à 7 degrés et c'était du jamais vu. Là, on a des poches plus chaudes que ça. On voit des poches à 8-9 degrés,» explique Peter Galbraith.

«Les espèces qui sont prisonnières des eaux profondes, qui ne vivent que là, comme le flétan du Groenland, sont particulièrement à risque. Surtout que c'est une espèce qui aime l'eau froide. Il y a aussi la crevette nordique qui est aussi, en général, dans les eaux profondes. Elle fait face à ce réchauffement et à la perte d'oxygène dissous», soutient le chercheur en bioénergétique chez Pêches et Océans Canada, Denis Chabot.

Somme toute, cette recherche scientifique nous amène à mieux comprendre l'impact de ces changements sur l'écosystème du fleuve Saint-Laurent. Un écosystème à la fois complexe et fragile.

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