Mort d'une septième patiente du chirurgien déchu Macchiarini

AFP

Lundi, 20 Mars 2017, 09:29

Photo Karolinska University Hospital / AFP

Le chirurgien italien avait opéré huit personnes entre 2011 et 2014.

L'une des dernières survivantes parmi les patients opérés avec une trachée artificielle par le chirurgien Paolo Macchiarini, tombé en disgrâce pour de graves manquements à l'éthique, est morte après de longues souffrances, a annoncé son père.

Yasim Cetir, une jeune femme turque sur laquelle le Pr Macchiarini a tenté deux implantations en 2012 et 2013 à Stockholm, a souffert de terribles complications jusqu'à sa mort.

Dans la nuit de dimanche à lundi, son père, Hayrullah Cetir, a annoncé sur Facebook qu'elle était décédée à l'hôpital de Temple University à Philadelphie (États-Unis). «Ma fille Yesim est décédée ce soir [dimanche] à 21h15. Puisses-tu reposer en paix», a-t-il écrit, avec une photo de sa fille.

Le chirurgien italien avait opéré huit personnes entre 2011 et 2014, dont trois à l'hôpital de l'Institut Karolinska à Stockholm, dont est issu le comité qui remet le prix Nobel de médecine.

Des patients du Pr Macchiarini, un seul a survécu, après s'être fait retirer la trachée artificielle conçue et implantée par le médecin lors d'une opération à Krasnodar (Russie) en 2014.

Mme Cetir a été la victime de deux chirurgies ratées, sa trachée étant endommagée lors d'une opération bénigne en Turquie, avant qu'elle ne tente une réparation à Stockholm. Puis elle est partie aux États-Unis pour recevoir la trachée d'un donateur, sans pouvoir se remettre.

Le chirurgien italien avait accédé à une renommée mondiale en 2011 en réalisant la première greffe mondiale d'une trachée artificielle en plastique devant être colonisée par des cellules souches du patient.

S'il a affirmé dans le prestigieux journal The Lancet que la technique fonctionnait, les morts successives de ses patients et des falsifications dans cet article ont conduit à la perte d'un médecin par ailleurs soupçonné d'avoir embelli son CV pour être embauché par l'Institut Karolinska. Il est visé par une enquête de la police suédoise.

Le scandale a éclaboussé le prix Nobel, provoquant plusieurs démissions au sein de l'institut.

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