Nouvelles recommandations sur un test de dépistage du cancer de la prostate

AFP

Mardi, 11 Avril 2017, 16:43

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Un groupe consultatif d'experts du gouvernement fédéral américain est revenu sur son opposition à un test de dépistage controversé du cancer de la prostate, le PSA, pour les hommes de 55 à 69 ans, estimant qu'il réduit le risque de mortalité.

Désormais cette haute autorité dans le domaine de la prévention (U.S. Preventive Services Task Force, USPSTF) conclut que tout bien considéré, le test PSA procure un petit bienfait pour les hommes dans ce groupe d'âge.

De nouvelles indications «accroissent l'assurance» que ce test réduit le risque de décéder d'un cancer de la prostate ou de développer une tumeur métastatique qui se propage à d'autres organes, précisent ces experts indépendants dont les recommandations étaient publiées mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

Ils préconisent que les hommes discutent des bienfaits et des effets néfastes potentiels du PSA avec leur médecin et décident eux-mêmes.

«La décision de procéder au test PSA pour le dépistage du cancer de la prostate devrait revenir à chaque individu», écrit ainsi l'USPSTF dans ces dernières recommandations soumises à discussion publique jusqu'au 8 mai avant d'être officialisée.

Ce test (antigène prostatique spécifique) mesure la teneur dans le sang d'une protéine fabriquée par la prostate, dont un niveau élevé peut signaler une tumeur cancéreuse, mais aussi d'autres symptômes bénins.

En outre, un taux normal n'écarte pas complètement la présence d'un cancer.

Cette dernière recommandation marque une volte-face par rapport à ce que ces experts avaient recommandé en 2012.

Survie à dix ans élevée

Ils avaient alors conclu que les effets néfastes potentiels de ce test sanguin surpassaient ses bienfaits.

L'USPSTF citait un pourcentage élevé de faux positifs et des effets secondaires potentiellement dévastateurs des traitements agressifs de tumeurs à évolution lente qui n'auraient probablement jamais menacé la santé du patient dans la plupart des cas.

Ces experts pointaient aussi les risques d'incontinence urinaire et de dysfonctionnement sexuel pouvant résulter d'une intervention chirurgicale pour enlever la tumeur et d'un traitement radiologique.

Pour les hommes de 70 ans et au-delà, l'USPSTF continue à se prononcer contre le test PSA, faisant valoir que toutes les indications montrent que dans ce groupe d'âge le cancer de la prostate évolue lentement et que la survie à dix ans est plutôt élevée.

L'USPSTF, relève en outre qu'un nombre croissant d'hommes ayant un faible risque de cancer agressif de la prostate décident de se soumettre à «une surveillance active», qui comprend un test régulier du PSA, un examen de la glande par toucher rectal et des biopsies, plutôt que des traitements plus lourds.

Une telle approche réduit les risques de surtraitement.

Près de trois millions d'Américains vivent actuellement avec un cancer de la prostate. Mais sans moyens efficaces de faire la distinction entre les tumeurs dangereuses et celles inoffensives, la plupart des hommes subissent une intervention chirurgicale ou une radiothérapie après le diagnostic.

Recommandations raisonnables

Plusieurs études publiées fin 2016 concluent que le taux de survie pour un homme avec un cancer de la prostate aux premiers stades de développement est de 99% dix ans après le diagnostic, qu'il ait subi une intervention chirurgicale, de la radiothérapie ou suivi seulement une surveillance active de l'évolution de la tumeur.

Cette nouvelle décision de l'USPSTF est le dernier chapitre d'un long débat sur la question du dépistage du cancer de la prostate par le test PSA.

Ses recommandations de 2012 contre ce test avaient suscité de nombreuses critiques chez les urologues. Ceux-ci estimaient qu'une telle approche conduirait à une diminution du dépistage et à une augmentation de la mortalité.

Mais d'autres groupements professionnels, comme l'American Cancer Society, s'étaient montrés plus nuancés, continuant à recommander de procéder régulièrement à un test PSA tout en estimant que les avantages et risques devaient être discutés entre les médecins et leurs patients.

Mardi, l'American Urological Society a salué les nouvelles recommandations, « pesées, raisonnables» et en harmonie avec ses propres directives.

Plus de 161 000 hommes aux États-Unis seront diagnostiqués de ce cancer cette année, selon l'American Cancer Society et près de 27 000 en décéderont à un âge moyen de 80 ans.

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