Santé

Le Parlement européen pour la disparition du glyphosate dans l'UE d'ici 5 ans

AFP

Mardi, 24 Octobre 2017, 08:31

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STRASBOURG | Le Parlement européen s'est prononcé mardi en faveur d'une élimination progressive du glyphosate dans l'UE d'ici à la fin 2022, à la veille d'un vote à Bruxelles sur le renouvellement de l'autorisation de cet herbicide controversé.

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La résolution, votée à 355 voix pour et 204 contre (et 111 abstentions), est un simple avis et n'est pas contraignante, mais elle vise à mettre la pression sur la Commission européenne qui propose aux États membres de renouveler la licence du glyphosate pour les 10 prochaines années.

Elle fait aussi écho à la voix de 1,3 million de citoyens qui ont signé une pétition adressée à la Commission pour demander l'interdiction de la substance.

Les eurodéputés déplorent ainsi que le projet de la Commission « ne permet pas de garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale et de l'environnement », et « n'applique pas le principe de précaution ».

Ils n'ont toutefois pas tout à fait suivi l'avis de la commission Environnement et Santé du Parlement qui s'était exprimée pour un délai encore plus réduit, de trois ans, pour se débarrasser progressivement du glyphosate.

La résolution est motivée notamment par la controverse scientifique qui agite le débat sur le glyphosate, et s'appuie sur l'étude du Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l'OMS, qui l'a classé « cancérogène probable » en 2015, contrairement aux agences européennes, l'Efsa (sécurité des aliments) et l'Echa (produits chimiques).

À la suite du feu vert de ces deux agences, la Commission européenne a proposé de renouveler pour 10 ans le glyphosate. Un vote est attendu mercredi au sein du comité d'experts responsable du dossier, composé de représentants des États membres.

La Commission a rappelé plusieurs fois de son côté que d'autres autorités de régulation sont allées dans le même sens que les agences scientifiques de l'UE, au Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Japon et aussi au sein d'un comité commun de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation) et de l'OMS.

Les parlementaires ont également rappelé les développements judiciaires aux États-Unis, où des centaines de personnes atteintes de cancer ou leurs proches ont porté plainte contre le géant de l'agrochimie Monsanto, un des principaux producteurs de glyphosate et propriétaire du pesticide Round-up.

Les courriels et des documents internes du géant américain de l'agrochimie divulgués dans le cadre de ces procédures jettent « le doute » sur la « crédibilité » d'études scientifiques publiées ou commanditées par Monsanto, estiment les eurodéputés.

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