Santé

L'Italie lance un programme pionnier de dépistage de la maladie d'Alzheimer

AFP

Mercredi, 06 Décembre 2017, 11:53

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L'Italie a lancé mercredi un programme, «pionnier dans le monde», visant à dépister les personnes à haut risque de développer la maladie d'Alhzeimer pour les traiter précocement, en prévision de l'arrivée de nouveaux médicaments.

L'idée est de mieux cibler les bénéficiaires de ces futurs traitements, dont les coûts s'annoncent considérables et les effets secondaires lourds pour les patients.

«Alzheimer est un problème planétaire qu'il faut, si ce n'est résoudre, au moins gérer avec le maximum d'urgence», a déclaré la ministre italienne de la Santé, Beatrice Lorenzin, en présentant le programme de dépistage «Interceptor».

«En Italie, les cas de démences représentent un million de personnes, dont 600 000 sont des cas d'Alzheimer, et ces chiffres sont destinés à augmenter en Europe et dans les pays développés en raison du vieillissement de la population», a ajouté la ministre.

L'Italie, qui souffre d'un déficit chronique de naissances, est le pays le plus âgé en Europe et le second au monde derrière le Japon avec un âge moyen en 2016 de 44 ans et neuf mois.

Des chiffres préoccupants qui ont poussé le gouvernement à prendre les devants en matière de gestion de la maladie, en prévision de l'arrivée de médicaments efficaces d'ici à 2025, a souligné la ministre.

Interceptor s'adresse à une catégorie de personnes bien précise, présentant des troubles cognitifs légers ou MCI (pour Mild Cognitive Impairment, en anglais), tels qu'une altération modérée de la mémoire ou du langage.

«Elles sont 735 000 dans ce cas aujourd'hui en Italie, dont 50% développeront la maladie d'Alzheimer», a expliqué le professeur de neurologie Paolo Maria Rossini, qui supervise le projet.

«Donner ces médicaments à plus de 700 000 personnes serait synonyme de faillite de notre système de santé en deux ans», a expliqué le chercheur.

Interceptor vise donc à identifier les personnes à haut risque pendant la période asymptomatique.

L'État a engagé 3,5 millions d'euros dans ce projet qui va impliquer, sur 54 semaines, 400 patients volontaires présentant des MCI, âgés entre 50 et 85 ans, et répartis dans cinq centres spécialisés dans le diagnostic de la maladie d'Alzheimer.

Ils seront soumis à une série d'examens (analyses biologiques ou tests neuropsychologiques...) qui permettront de mettre au point le modèle de dépistage.

«À terme, nous serons le premier pays au monde à disposer d'un tel dispositif avant l'annonce de la mise au point du premier médicament», s'est félicité le Pr Rossini.

Des expérimentations sont en cours sur une cinquantaine de médicaments potentiellement capables de ralentir ou de stopper la maladie d'Alzheimer.

Cette pathologie dégénérative du cerveau, diagnostiquée toute les trois secondes dans le monde, est actuellement incurable.

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