Santé

Soigner un cancer du côlon coûte deux fois plus aux États-Unis qu'au Canada

AFP 

Vendredi, 01 Juin 2018, 15:27

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WASHINGTON | Se faire soigner d'un cancer colorectal peut coûter deux fois plus cher aux États-Unis qu'au Canada, sans amélioration apparente des chances de survie, selon une étude comparative publiée vendredi lors d'une grande conférence sur le cancer à Chicago.

L'étude a comparé des patients atteints d'un cancer colorectal avancé dans deux régions aux populations similaires, mais seulement séparées par une frontière: l'ouest de l'État de Washington, dans le nord-ouest des États-Unis, et la Colombie britannique, au Canada.

Le coût du traitement des patients canadiens atteignait en moyenne 6195 dollars américains par mois, contre 12 345 dollars du côté américain. Ce coût ne correspond généralement pas à ce que les patients ont dû débourser, les assurances prenant les traitements en charge.

Les deux groupes de patients ont été soignés par chimiothérapie, mais les patients américains ont été plus nombreux à opter pour le traitement le plus fort.

Les Américains et les Canadiens soignés ont vécu approximativement aussi longtemps: 21,4 mois pour les premiers, à partir du diagnostic, et 22,1 mois pour les Canadiens.

L'étude est intéressante, car le Canada a un système de santé unique, financé par l'État, tandis que le système américain est principalement privé, avec des assurances souscrites individuellement par les personnes ou financées par les employeurs. Les Américains dépensent beaucoup plus pour leur santé que les habitants des autres pays développés.

« À notre connaissance, c'est la première étude à comparer directement le coût et type des traitements, et les résultats en termes de santé, dans deux populations comparables qui évoluent dans des systèmes de santé différents », dit l'auteur principal de l'étude, Todd Yezefski, du centre de recherche contre le cancer Fred Hutchinson de Seattle.

L'étude n'est pas parfaite et doit être complétée, notamment car le groupe de patients canadiens (1622 personnes) étudiés était plus âgé et plus nombreux que le groupe américain (575 patients), en raison d'un manque d'accès aux données.

Mais, comme le souligne le directeur médical de la Société américaine d'oncologie clinique (ASCO), Richard Schilsky, elle « donne un contexte important au débat actuel sur l'inflation des coûts des traitements ».

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