Maître chez lui

Alain Bergeron

Vendredi, 17 Mars 2017, 15:54

Photo Didier Debusschère / Agence QMI

Alex Harvey.

QUÉBEC - Plus personne ne résiste à Alex Harvey, pas même le fameux Abraham qui lui a cédé ses Plaines après sa victoire de vendredi au sprint individuel en style libre de 1,5 km, en ouverture des finales de la Coupe du monde de ski de fond.

Le Québécois est en train de nous jouer la symphonie d'un grand classique.

Champion mondial au 50 km il y a deux semaines, il débarque dans sa cour devant une couple de milliers de spectateurs et gagne la première des trois épreuves d'un minitour avec une certaine facilité pour raffermir son emprise sur son troisième rang au cumulatif de la saison.

Son coup de vendredi ressemblait à un message pour la concurrence et le Finlandais Matti Hekkinen qui le suit au classement, du genre: «Vous êtes ici chez moi».

«Je pense que j'aurais pu gagner contre n'importe qui aujourd'hui», a exprimé l'athlète de Saint-Ferréol qui, après avoir fini quatrième aux qualifications un peu plus tôt, a remporté chacune des trois rondes finales.

Heureux comme en Finlande

Au terme de l'ultime course, après avoir passé le Norvégien Finn Haagen Krogh sur sa droite dans les 50 derniers mètres, il a reproduit la même scène de déchaînement dans son entourage que lors de sa victoire du 4 mars en Finlande.

Son ami et farteur de l'équipe canadienne, Simon Boisvert, lui a sauté dans les bras. Sa copine Sophie a enjambé une clôture pour lui faire la bise.

En guise de remerciement pour leur appui, le chouchou du jour a ensuite frappé dans les mains des spectateurs le long de la ligne d'arrivée.

«C'est proche, c'est vraiment pas loin», a livré Harvey comme comparaison aux sensations vécues dans les secondes suivant sa médaille d'or mondiale.

«Après avoir fini deuxième ici l'an passé (au sprint du Ski Tour), ça avait été des émotions incroyables. Pouvoir doubler la mise, ça se compare, c'est vraiment proche parce que je suis à la maison. Tu ne peux pas rêver mieux que ça», a-t-il exprimé, lui pour qui il s'agit d'une deuxième victoire à un sprint individuel en Coupe du monde après celle de janvier 2014 en Pologne.

Sur des skis ignorés

Les aléas du fartage qui ont souvent causé des cauchemars dans le passé du champion l'ont épargné cet hiver. Encore vendredi, il avait sous les pieds des planches qui avaient été ignorées durant le 50 km des mondiaux, mais qu'il a étrennées avec succès.

«Il a couru avec la paire de skis qui était restée dans la boîte à Lahti. Il voulait garder cette paire pour la fin à son 50 km, mais ça allait tellement bien qu'il n'avait pas changé. Aujourd'hui [vendredi], on a sorti cette paire de la boîte», a raconté le farteur en chef de l'équipe, Yves Bilodeau, transporté par cette victoire, lui aussi dans sa ville natale.

«Il faut livrer la marchandise ici. Il y a du monde derrière, il y a une grosse organisation et il y a de l'argent», a voulu résumer Bilodeau.

En plus des skis, il y a aussi les jambes, faut croire! Deux semaines après son sacre mondial, Harvey volait encore sur la neige.

«On dirait que j'ai «peaké» trop tard. C'est plate pour les mondiaux, mais je vais me reprendre l'an prochain aux Olympiques», a badiné le skieur avec ironie.

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