Applications : Internet est un bar ouvert

André Boily

Vendredi, 06 Avril 2018, 20:11

Le service Unroll.me

Tant pour les logiciels bureautiques que pour les applications mobiles, Internet ressemble à un véritable bar ouvert et ce n'est pas parce que c'est gratuit que c'est forcément utile et fiable. Avant d'installer, renseignez-vous.

Si on pouvait lire les ingrédients d'une application comme on le fait pour une bouteille de jus de tomates au supermarché par exemple, ce serait simple et efficace. Mais ce n'est pas le cas, loin de là.

Quand c'est gratuit, c'est qu'il y a anguille sous roche. Et dans le cas des applications et logiciels, le prix à payer sont vos informations, volontairement consenties ou non. On l'a vu à grande échelle avec l'affaire et scandale Cambridge Analytica sur l'utilisation d'informations personnelles de dizaines de millions d'abonnés Facebook.

Quiz, jeux...

Peut-être sauf en Europe où l'Union européenne a pris les grands moyens pour protéger les données personnelles, l'industrie techno et la gestion des informations personnelles sont faiblement réglementées. On ne compte plus les cas de compagnies qui vous piègent avec des produits censés améliorer votre vie, lesquelles ne font que tirer profit de vos informations.

«Nous pouvons collecter, utiliser, transférer...»

Le Web d'Internet est un bar ouvert, mais tout n'y est pas valable. Il faut éviter la tentation de télécharger une application, un jeu, quiz ou autre uniquement parce que cela paraît cool ou amusant. Les jeux que l'on voit sur Facebook, forcément gratuits, ne le sont pas vraiment. Le prix à payer est vos données.

Pour se protéger, les éditeurs de jeux ou d'applications l'indiquent très clairement dans leurs conditions d'utilisation et politique de confidentialité - que pratiquement personne ne lit. «Nous pouvons collecter, utiliser, transférer, vendre et divulguer toute information non personnelle à toutes fins, lesquelles peuvent servir en recherche marketing à construire des produits et services».

Comme le rapporte le New York Times, le journal cite l'exemple du service gratuit de messagerie courriel Unroll.me qui, l'an dernier, avait vendu à Uber des informations sur ses abonnés qui utilisaient Lyft, le concurrent direct d'Uber. Que pouvaient faire les abonnés du service Unroll.me? Pas grand-chose, ils avaient consenti à tout en s'abonnant.

Le journal rapporte le cas de Soniac, une application gratuite de messagerie Android distribuée sur la boutique Google Play Store, qui espionnait littéralement par écoute et par photo ses utilisateurs.

La firme Lookout qui avait débusqué Soniac a identifié plus de mille applications-espionnes ayant les mêmes caractéristiques que la première, lesquelles ont forcément été retirées par Google.

Comme pour vos produits courants, ayez le réflexe de vérifier la provenance des applications, surtout celles qui sont distribuées sur des boutiques alternatives en ligne qui ne sont que des repères à des produits-espions. Dans le doute, abstenez-vous.

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