Techno

La reconnaissance faciale, c'est aussi bon pour les poissons

André Boily

Mercredi, 10 Octobre 2018, 16:28

Infographie aquaculture Cermaq

Souvent, une nouvelle technologie débouche sur non pas une, mais plusieurs applications, comme la reconnaissance faciale qui vient en aide aux fermes d'aquaculture.

Quand des millions de poissons sont produits chaque année dans les fermes d'aquaculture, tout ne va pas sans problèmes. Que ce soit pour du bétail, des vaches laitières ou des volailles, une forte concentration d'animaux identiques apporte toujours son lot de maladies, de contagions ou de parasites.

Lepcophtheirus salmonis

Un des problèmes qui affectent les fermes d'aquaculture, c'est le lepcophtheirus salmonis mieux connu sous le nom «pou du poisson» qui infecte des centaines de millions de saumons, un parasite commun qui coûte une fortune aux producteurs, peut-on lire dans un article de l'agence Bloomberg Businessweek. À l'échelle du globe, les fermes marines fournissent plus de la moitié des poissons vendus dans les marchés et dans les restaurants - un marché de 232 milliards de dollars. Bref, c'est ce parasite qui freine la croissance des producteurs d'aquaculture, sans ce pou la quantité de poissons serait nettement supérieure à ce qu'elle est présentement.

Ce pou qui se nourrit de mucus, de peau et de sang de saumon atlantique rend le poisson invendable en raison des lésions qu'il produit. Pire encore, il a en peu de temps développé une résistance aux traitements chimiques.

La reconnaissance faciale à la rescousse

On teste actuellement dans les fermes d'aquaculture du Canada, des États-Unis, de Norvège et du Chili des scanneurs qui sont en fait des caméras disposées près de la surface des enclos qui contiennent chacun près de 200 000 saumons. Pourquoi près de la surface ? Parce que la physiologie des saumons les pousse à remonter en surface pour prendre une bouffée d'air.

À ce moment-là, dans une sorte de tunnel d'inspection, l'appareil de reconnaissance faciale enregistre la tête et le corps du poisson. Dès qu'une anomalie est détectée, comme la présence de poux ou d'ulcères de peau, le poisson est aussitôt mis en quarantaine pour être traité dans un bassin spécial. On évite ainsi la multiplication des poissons infectés dans les grands bassins.

À elle seule, cette détection permettra de réduire entre 50 et 75% la mortalité des saumons d'aquaculture.

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